Il y a deux – trois ans on a commencé de parler de la crise. Cette crise qui met pleins de gens dans la difficulté, cette crise qui fait que les gens perdent les choses qu’ils ont. Travail, maison, confiance en soi, estime de soi.

 

Nous en Suisse on est toujours un peu en retard par rapport aux autres. Nous sommes un peuple lent. Mais il y a déjà quelques temps les entreprises privées commençaient à licencier. Le taux de chômage était en augmentation (pas autant qu’en France, mais quand même), les gens commençaient à avoir peur pour leur poste de travail.

 

Depuis une année environs j’ai appris que même dans les hôpitaux on commence à licencier. Les directions ferment des étages entiers, comme par exemple l’hôpital de Montreux son service d’orthopédie. Je rigole toujours un peu jaune, parce que les directions parlent de « fermer des lits » « Fermer des lits » signifie placer le personnel dont on a besoin dans les autres étages et le reste on vire.

 

L’hôpital de Riaz sur Fribourg va aussi fermer prochainement. Carrément tout l’hôpital.  Je ne sais pas combien ils sont en tout, mais c’est un hôpital régional, donc il y a facilement 500 personnes qui y travaillent. Ou vont – ils placer ces gens ?

 

L’hôpital de Fribourg à fermé il y environs 2 ans 15 lits. C’est très joliment dit. En faite ils ont viré 5 postes à 100% au minimum, puisque, en moyenne, on compte 1 infirmière pour 3 malades. (Je suis généreuse en disant ça)

 

Er 45

 

Chez nous à l’armée la crise se fait aussi sentir depuis le début de l’année. Nous avons eu un premier avant – goût ou un jour, sorti de nulle part, je lis dans la presse que notre caserne va fermer. D’ailleurs j’avais écris un article la dessus au mois de mai.

 

Poya 2

 

Mardi prochain on aura la confirmation que effectivement le grand chef, Monsieur le Conseiller fédéral Ueli Maurer, responsable de notre département, et son pote de toujours, le chef de l’armée André Blattmann ont décidé de fermer des casernes, dont la nôtre.

 

Poya

 

 

 

Ueli Maurer

 

 

 

Blattmann

 

 

Quand ça ferme, je n’en sais rien. Ca c’est aussi un truc très armée, ils décident une partie, mais pas le reste. Ils ne pensent pas aux conséquences, ils n’anticipent pas. Ca peut être dans 2 ans, comme dans 10 ans.

 

Est ce que je suis inquiète pour moi ? Non, pas vraiment. Mon chef me répète depuis 6 mois qu’il va me garder, que ça serait pas un problème. En même temps, je sais que les décisions viennent de beaucoup plus haut et qu’ils ne choisissent pas leur personnel selon les compétences de chacun, mais plutôt selon le coût. Et moi je coûte cher, en salaire et en assurances sociales.

 

En attendant la vie continue, je croule sous le travail, nous sommes à 60 licenciements médicaux en 4 semaines. Sur 299 qui sont rentrés en service lundi 28.10.2013.

Dans ces 60 licenciements nous avons un 80% de « cas psy », des jeunes qu’on renvoie définitivement de l’armée parce que sois disons ils ont « des troubles de l’adaptation ». Des jeunes qui « ont beaucoup de peine avec l’autorité, ont du mal à s’adapter dans un milieu comme le nôtre »

 

Je comprends que Ueli Maurer et André Blattmann ferment notre caserne. Je ferais pareil. A quoi ça rime de garder des jeunes qui s’en fichent complètement de l’armée à Maurer et à Blattmann ?