Vaccins

 

Le premier mardi de l’école de recrue est toujours la journée la plus terrible.

On vaccine tout le monde. Quand je dis tout le monde, ça veut dire vraiment tout le monde.

 

L’effectif d’entrée était exactement de 291 personnes, ben on a vu 291 personnes.

 

Nous commençons à 07h15 et finissons autour des 14 heures. Aucune pause, à moins qu’on ait un peu d’avance, ce qui n’arrive pas souvent. Au moins on est assit, c’est déjà pas mal :-)

 

Nous vaccinons nos gamins contre pleins de trucs. La plupart du temps ce sont les derniers vaccins qu’ils reçoivent. Une fois adulte, on ne se vaccine plus tellement.

 

Pourquoi les vacciner ? Le problème à l’armée c’est que ces jeunes vivent les uns sur les autres tout le temps. Il suffit qu’une personne se fasse une méningite à méningocoques, toute la chambre est contaminée dans les 2 heures qui suivent. J’exagère peut être un peu, mais à peine.

 

Moi je suis une pour – vaccins, mais j’accepte tout à fait le fait que des personnes ne veulent pas se faire vacciner.

 

Comme partout, les vaccinations sont facultatives, c’est vraiment un choix personnel. Ces jeunes décident par eux mêmes s’ils veulent ou pas.

 

On a régulièrement des personnes qui ne veulent pas. Ou j’ai plus de peine c’est que certains ne veulent pas parce qu’ils ont peur de la piqure :-) Traumatisme d’enfant :-) Quand je dis à mes copines que je travaille en pédiatrie je ne suis pas très loin de la vérité :-)

 

On est super bien organisé, vraiment. Il y a une personne qui accueille ces jeunes, leur donne une feuille à remplir.

 

Une 2ème personne vérifie que la feuille soit bien remplie.

 

Ensuite c’est la lecture des carnets de vaccinations.

 

On ne vaccine évidemment pas à l’aveugle. Chaque personne est vue, son carnet est lu. On a 2 tables qui font ça. Moi en principe je suis à une des table, le médecin à la 2ème table.

 

A chaque table on a un, voir 2 soldats sanitaires qui nous aident.

La lecture du carnet est simple si on connaît les vaccins. Le problème c’est que ça doit être noté partout. Donc les personnes qui nous aident notent ce que nous décidons d’injecter.

 

Après la lecture, c’est le moment de la piqure. En principe on a 1 à 2 personnes qui préparent les injections et 2 autres personnes qui piquent.

Ca c’est le travail de ma collègue.

 

Et une fois ces gamins piqués, le procédé est terminé.

 

L’histoire c’est qu’il faut absolument du personnel professionnel à chaque poste ou une décision est prise. Donc quand on décide ce qu’on donne il faut 1 personne et quand on donne il faut une personne qui vérifie que ce qu’on donne est juste.

 

Ce sont des bonnes journées. C’est difficile de se concentrer aussi longtemps que ça, surtout quand on n’a pas de pause.

 

Mais bon, même cette fois, on y est arrivé, comme à chaque fois. Tout c’est bien passé, il y en a juste un qui est tombé dans les pommes, mais pas longtemps. Il a très vite récupéré.

 

Je suis soulagée que cette journée soit derrière moi.